Partager l'article ! La culture dans la campagne: Que pensez-vous de l'idée de lancer un débat sur la place de la culture dans la campagne présidentie ...
Que pensez-vous de l'idée de lancer un débat sur la place de la culture dans la campagne présidentielle et le rôle prépondérant et privilégié que doit avoir un chef de l'état dans ce domaine ?
Voici les propos de Jacques Chirac au Centre Pompidou mercredi 31 janvier 2007 : Jacques Chirac exhorte les candidats à "parler beaucoup de culture"
"Dans les semaines qui viennent, à l'approche d'échéances décisives pour notre pays, on va beaucoup parler de la France. Dans ce débat qui s'ouvre, il faut parler beaucoup de la culture. Car la France ne serait sans aucun doute pas la France sans une grande ambition culturelle. Notre pays est riche d'un patrimoine exceptionnel, de grandes institutions artistiques, reconnues partout à l'étranger. Dans tous les domaines, il demeure un foyer vivant de création. Ce sont des atouts de premier ordre dans le monde d'aujourd'hui."
A ce propos, la SACD vient de lancer un site très interessant culture2007.org
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de quoi chirac veut-il parler !?
d'une culture élitiste ou de ces petits festivals de théatre, musique,...etc, lieux de créations pluridisciplinaires qui ont du fermer boutique faute de crédits ! politique menée par nos deux ministres de la culture succéssifs !
d'autant plus que si sarkozi passe il n'existera plus de ministère de la culture ! il sera intégrer au ministère de l'éducation!
je ne parle même pas du mode de communication culturelle qui a exactement le m^me modèle qu'une pub de produit de consommation courante : lieu, date, produit, prix ...
La culture pourquoi faire si personne n'a rien à dire et que le moule tient chaud ... si les candidats n'en parlent pas c'est qu'aujourd'hui aucune personne en place avec le pouvoir dans ce pays est capable de proposer une politique culturelle car pôur proposer une politique culturelle digne de ce nom, il ne faut pas avoir peur de l'autre, ni de perdre des galons ou du terrain et ce n'est pas au visionnaire que l'on donne le pouvoir mais aux administrateurs ... ou aux gestionnaires
Bonsoir,
Ci-dessous, des extraits des propositions de la LCR en matière de culture.
Droit à la culture pour toutes et tous !
Lire, écouter un disque, assister à une pièce de théâtre, un opéra ; découvrir des tableaux, des sculptures, dans un musée, un atelier d’artiste ; pratiquer la trompette ou la danse, pour soi ou parce que c’est son métier… Toutes ces activités, chacun, chacune devrait y avoir accès.
Parce que chacun a droit aux loisirs, mais pas seulement : au même titre que l’emploi, le logement, la santé ou l’éducation, la culture est un besoin social. Engagée ou non, la culture est porteuse des espoirs, des contradictions, des conflits de la société, et participe à l’émancipation individuelle et collective.
Elle n’est pas un « supplément d’âme », ni un pseudo-remède à la « fracture sociale ». Le droit à la culture – c’est-à-dire l’accès aux œuvres, mais aussi l’accès à la formation et à la pratique artistiques – est une mission de service public : il doit être garanti pour tous et toutes à l’école, sur les lieux de travail, dans les quartiers, villes et régions.
Or aujourd’hui, ce droit n’est pas respecté.
Parce que la production culturelle est régie par la loi du profit. Le marché transforme les œuvres en marchandises, exigeant un retour immédiat sur investissement. Quelques groupes privés maîtrisent une grande partie de la production et des canaux de diffusion. Le résultat : une culture démagogique et uniforme est martelée au public, considéré comme un ensemble de consommateurs tout juste bons à payer, à des tarifs prohibitifs pour les catégories les moins favorisées.
Parce que les politiques publiques sont très en-deçà des enjeux. Le budget du ministère de la Culture est en baisse ; l’État précarise les artistes, et se désengage en reportant le coût de la culture sur les collectivités locales. Si certaines ont les moyens et la volonté de soutenir les activités culturelles, pour d’autres, ce sont des cinémas, des théâtres, des musées, des bibliothèques, des festivals qui disparaissent. Le recours au mécénat privé et au sponsoring se développe.
Parce que la culture reste enclavée. L’accès à la culture suppose d’en avoir la disponibilité, et une véritable égalité en la matière nécessitera d’en finir avec les rapports d’exploitation qui régissent les sociétés capitalistes. Mais en attendant, l’envie de culture, ça se cultive. Ce qui n’est pas le cas quand l’enseignement des arts à l’école, réduit à la portion congrue, reste très inégalitaire ; quand les publics les plus en difficulté se sentent exclus de certaines activités culturelles, même gratuites ou peu coûteuses.
Nos propositions :
Développer un véritable service public de la culture.
*Porter enfin le budget de la culture à non seulement 1% du PIB dans un premier temps, mais très rapidement à 2% minimum.
*La publicité doit être bannie des chaînes et radios publiques
*Le financement des médias publics doit être augmenté, tant en terme de moyens financiers que de moyens humains, en allant vers la fin de l'externalisation des productions, et en respectant véritablement le code du travail (donc, basculement des "permittents" en CDI).
*La redevance doit être progressive, et non rester un impôt injuste comme la TVA.
*Suppression de la TVA sur les produits culturels (nous sommes de toutes façons pour la suppression de la TVA, impôt injuste car non progressif)
*Refus de la course à l’Audimat : les missions de service public de l'information et de la culture ne doivent pas être soumis à la course aux profits.
Mais service public de la culture ne signifie pas culture d’État. La gestion des outils culturels doit être assurée par des collectifs associant professionnels et usagers.
Garantir l’accès à la formation et à la pratique artistiques.
*Revalorisation des enseignements artistiques dans le cursus scolaire, et non plus de simples options
*Embauche de personnels éducatifs formés et professionnels, et prise en compte des heures d'enseignement pour les intermittents.
* Egalité de moyens entre les établissements.
*Garantir l'accès de toutes et tous aux pratiques artistiques, quels que soient ses revenus : les conservatoires, les musées, les médiathèques, les cours municipaux, les ateliers d’écriture doivent être gratuits.
*Encourager les pratiques amateurs en multipliant les lieux d’accueil (salles de répétition, lieux d’exposition, etc.).
*Gratuité totale des musées et collections nationales.
*Inscription dans le Contrat d'Objectifs et de Moyens des chaines de service public d'obligation pédagogique autour de la culture, sous toutes ses formes (émissions, débats, mise en avant de nouveaux artistes et portrait et explications de courants anciens, dans tous les domaines de la culture)
Défendre et améliorer le statut des travailleurs de la culture.
*Retrait du protocole d’assurance chômage des intermittents du spectacle de juin 2003 (prorogé en décembre 2006) qui plonge des milliers d’entre eux dans la plus grande précarité.
*Retour à la solidarité interprofessionnelle dont les professions du spectacle ont été exclues en 2002.
*Retour à une annualisation de l'intermittence (507h sur 12 mois ouvrant droit à 12 mois d'indemnisation à taux plein, avec suppression du délai de carence).
*Instauration d'un plancher d'indemnisation, sur le modèle du SMIC, porté à 1 500 euros net par mois.
*Refonte complète du statut des artistes travailleurs indépendants et de la Maison des Artistes
Défendre la diversité culturelle et la liberté d’expression.
*Soutien et développement aux réseaux alternatifs de diffusion des œuvres (friches artistiques, médias associatifs…) pour offrir une plus grande diversité et permettre à toutes les formes artistiques de trouver leur public.
*Protection des secteurs les plus fragiles économiquement par l’État et les collectivités territoriales par le biais des fonds de soutien ( court-métrage, vidéoart, expérimental, etc.)
*Refus du retour de la censure comme on a pu le voir ces dernières années, avec la protection sans conditions dans le respect de la liberté d’expression des artistes au même titre que l’expression de chacun.
Effectivement c\\\'est une grande absente des "programmes" electoraux..la culture !( ou alors je n\\\'ai pas été là au bon moment pour entendre des propositions des candidats).
En ces temps d\\\'appauvrissement de la société , le discours est centré sur le pouvoir d\\\'achat donc l\\\'économie via le travail et le chomage. Quid de la culture ? Il est peut etre indécent pour certains candidats ne serait ce que de l\\\'évoquer en ces temps maudits de SDF dans les rues, de chomeurs en fin de droits, de travailleurs en foyer etc... N\\\'oublions pas que la culture de tout temps a vécu grâce au mécénat des grandes fortunes, et de l\\\'Etat (sans forcément une médiatisation) d\\\'une part, et grâce au talent des artistes qui ont su raconter leur époque, indifféremment en période de vaches maigres ou grasses.
Mais est ce qu\\\'un seul candidat a appelé les Français à trouver eux memes des solutions, a etre creatifs, a rendre service (ce terme est une injure en France) à faire du troc, à donner son avis, et à donner la main ? Je n\\\'ai pas entendu, encore une fois, je devais être occupée.
Salut Sieur Laugero,
Absolument d'accord, et voici d'ailleurs une petite contribution de chez nous. Merci, Nicolas, de la diffuser. Nous allons par ailleurs faire des choses avec monsieur Breuil sur le sujet et aussi organiser le 4 avril un débat au Sénat autour de ces questions avec un certain nombre de personnalités marquantes. Si tu veux des détails n'hésite pas à nous demander, l'organisation est en cours…
UN COMBAT ESSENTIEL EN PASSE D'ÊTRE OUBLIÉ
À l’attention des candidats aux élections présidentielles, avant qu’il
ne soit trop tard...)
Pour qui prend la peine de se pencher sur l’histoire des combats culturels dans notre pays, il est clair,qu’une pensée originale autour de la notion de démocratisation de l’art et de la culture s’y est développée - de diverses façons - dans les dernières décennies, et que des outils remarquables (bien qu’évidemment perfectibles) y ont été construits. Sans remonter jusqu’à Condorcet, mais au moins depuis le Front Populaire pour ce qui est des aspirations, et bien sûr à la Libération avec la mise en actes de la décentralisation théâtrale, puis culturelle et artistique (création des Centres dramatiques nationaux, mouvement de l’Éducation populaire, Festival d’Avignon, TNP, maisons de la culture de Malraux... jusqu’au système de l’intermittence pour le spectacle vivant) depuis au moinsune soixantaine d’années, la France a bel et bien été, pour l’Europe et le monde, une sorte de « phare » en matière de création d’un service public de la culture.C’est-à-dire d’un système public qui préserve les pratiques artistiques de l’obligation de rentabilité qui nous entraîne vers le « divertissement » quand ce n’est pas un commerce bas de gamme. Ce qui nous semble particulièrement inquiétant aujourd’hui, c’est que les valeurs qui sous-tendent ces combats ne sont pas (en dehors d’imprécises notions d’« exception » et de « diversité » culturelles) réellement prises en compte au niveau européen. La conséquence en est que ces valeurs, qui sont de l’ordre du symbolique, de l’« humain », et s’opposent donc directement à la conception consumériste qui caractérise la pensée dominante aux États- Unis, risquent fort d’être noyées dans un ensemble européen largement orienté par l’OMC. Si nous commettons l��erreur majeure de passer à la trappe ces particularités historiques essentielles, il ne nous restera d’autres outils pour combattre que ceux employés par les activistes culturels britanniques et américains qui, ne cherchant pas à préserver un service public qui n’a jamais existé chez eux, ne peuvent utiliser pour s’exprimer que les espaces intersticiels abandonnés par la société marchande. C’est-à-dire pas grand chose, et surtout sans aucune chance que cela ait une influence sur l’ensemble de la société. Agir ainsi (ou plutôt ne pas agir) consiste à s’amputer de notre force, à se priver d’armes puissantes, et jeter avec l’eau du bain toute une richesse produite par notre histoire contemporaine.
Nous pensons au contraire qu’il est aujourd’hui indispensable de porter vers l’extérieur les institutions et les outils construits au fil de cette histoire française (ce qu’on appelle globalement le service public de la culture) comme un exemple à suivre par d’autres. Notre passé récent est une force qu’il est fondamental de ne pas dilapider. C’est l'arme la plus puissante dont nous disposons - si la volonté politique existe - pour tirer l’Europe vers le haut dans le domaine de la culture et de l’esprit. Il serait criminel de ne pas l’utiliser pour résister aux effets désastreux pour notre civilisation d’une mondialisation qui détruit mécaniquement tout ce qui est de l’ordre du « symbolique », de la gratuité et de la « relation »... Tout ce qui, par définition, échappe à l’obligation de rentabilité. Voilà en quelques mots pourquoi nous avons lancé l’APPEL des artistes et acteurs culturels dans la revue Cassandre. Voilà pourquoi il nous semble important de le signer et de le faire circuler, dans cette période dangereuse !
On le trouve ici : www.horschamp.org
Nicolas Roméas, directeur de Cassandre/Horschamp